DPGF, BPU, DQE : les pièces de prix d'un appel d'offres expliquées
Dans un marché public de travaux, le prix se remet sur un document imposé par l'acheteur. La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) détaille un prix forfaitaire : les quantités sont à la charge de l'entreprise. Le BPU (bordereau des prix unitaires) fixe des prix unitaires qui seront appliqués aux quantités réellement exécutées. Le DQE (détail quantitatif estimatif) applique ces prix unitaires à des quantités estimées par l'acheteur, pour comparer les offres. Une erreur dans ces pièces peut rendre l'offre irrégulière : elles se remplissent avec la même rigueur que le mémoire technique, et doivent lui correspondre.
Mis à jour le 4 octobre 20265 min de lecturePar Aymeric Pont, ingénieur ESTP et économiste de la construction
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Sommaire · 5 parties
DPGF, BPU, DQE : les différences
| Pièce | Type de prix | Quantités | Ce qui est payé |
|---|---|---|---|
| DPGF | Global et forfaitaire | Indicatives, à vérifier par l'entreprise | Le prix forfaitaire, sauf travaux modificatifs |
| BPU | Unitaire | Aucune : seulement les prix par unité (m², ml, u, h…) | Prix unitaire × quantité réellement exécutée |
| DQE | Unitaire (repris du BPU) | Estimées par l'acheteur | Rien en soi : sert à comparer et noter les offres |
| Bordereau de prix d'un accord-cadre à bons de commande | Unitaire | Inconnues, selon les commandes | Prix unitaire × quantités commandées |
Ces sigles et les autres pièces du dossier sont définis dans notre lexique des marchés publics. Leur place dans le dossier de consultation est détaillée dans le guide du DCE.
Remplir une DPGF sans se piéger
Avec une DPGF, les quantités fournies par le maître d'œuvre sont indicatives. En signant, l'entreprise s'engage sur un prix global pour réaliser l'ouvrage décrit par le CCTP et les plans. Si une quantité est sous-estimée, la différence est en principe à sa charge.
- 1
Vérifier les quantités
Métrez les postes principaux à partir des plans. Un écart important se signale à l'acheteur pendant la consultation, par une question écrite sur la plateforme.
- 2
Chiffrer chaque ligne
Aucune ligne vide, aucun « compris » sans justification. Une ligne non chiffrée peut rendre l'offre irrégulière.
- 3
Respecter le cadre
Pas de ligne supprimée ni d'unité modifiée. Les postes ajoutés vont dans une ligne prévue à cet effet ou dans les réserves autorisées par le RC.
- 4
Contrôler les totaux
Somme des lignes, total HT, TVA, total TTC. Reportez exactement le même montant dans l'acte d'engagement.
Erreur fréquente
Un écart entre le total de la DPGF et le montant de l'acte d'engagement. Selon le règlement de consultation, l'acheteur peut demander une rectification ou écarter l'offre. Relisez les deux pièces côte à côte avant le dépôt.
BPU et DQE : la logique des prix unitaires
Le BPU est la pièce contractuelle : c'est elle qui fixera les paiements. Le DQE sert à classer les offres : l'acheteur multiplie vos prix unitaires par ses quantités estimées pour obtenir un montant comparable entre candidats. Les deux doivent être cohérents : le prix unitaire du DQE est celui du BPU, au centime près.
- Chaque prix unitaire doit couvrir le poste complet : fourniture, pose, sujétions décrites au CCTP.
- Un prix anormalement bas sur un poste peut déclencher une demande de justification : voir offre anormalement basse.
- Un déséquilibre volontaire (prix très bas sur un poste à forte quantité estimée, très haut sur un autre) se voit, et l'acheteur peut le sanctionner.
- Les prix sont révisables ou fermes selon le CCAP : intégrez-le dans votre chiffrage.
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Sommaire calé sur le cadre imposé, axes de différenciation, paragraphes fondés sur vos documents, export Word.
Relier les prix au mémoire technique
L'acheteur, ou son maître d'œuvre, lit l'offre comme un tout. Un mémoire technique qui annonce une grue, une équipe de six compagnons et un planning en trois phases doit correspondre à un chiffrage qui les finance. Les incohérences les plus fréquentes :
| Dans le mémoire | Dans les pièces de prix | Risque |
|---|---|---|
| Produit d'une marque précise | Ligne chiffrée sur un autre produit | Doute sur la conformité de l'offre |
| Installation de chantier détaillée | Poste « installation » très bas ou absent | Moyens jugés non crédibles |
| Variante ou option proposée | Non chiffrée dans le cadre prévu | Variante inexploitable : voir variantes et PSE |
| Délai court annoncé | Moyens chiffrés insuffisants pour le tenir | Engagement jugé irréaliste |
Avec Penko
Penko lit le DCE en entier, y compris le CCTP et le cadre de prix, et rédige un mémoire qui reprend les ouvrages et les produits du marché. Les fiches techniques des produits retenus peuvent être compilées en annexe, pour une offre cohérente du chiffrage au mémoire.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une DPGF et un DQE ?
La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : l'entreprise s'engage sur le total, quelles que soient les quantités réelles. Le DQE applique des prix unitaires à des quantités estimées par l'acheteur pour comparer les offres ; le paiement se fera ensuite sur les quantités réellement exécutées, aux prix du BPU.
Peut-on modifier les quantités d'une DPGF ?
Le cadre de la DPGF ne se modifie pas, sauf si le règlement de consultation l'autorise. Si vous constatez une erreur de quantité, posez la question à l'acheteur pendant la consultation. En marché forfaitaire, c'est à l'entreprise de vérifier les quantités avant de s'engager.
Que se passe-t-il si une ligne du BPU n'est pas chiffrée ?
L'offre est incomplète : selon le règlement de consultation, l'acheteur peut demander une régularisation si la procédure le permet, ou déclarer l'offre irrégulière. Chiffrez toutes les lignes.
Le DQE est-il contractuel ?
En général non : seul le BPU fixe les prix contractuels, le DQE sert à juger les offres. Vérifiez la liste et l'ordre de priorité des pièces contractuelles dans le CCAP ou l'acte d'engagement.
À propos de Penko
Penko est un logiciel français de rédaction de mémoires techniques pour les appels d'offres publics du BTP. Il lit le dossier de consultation (DCE), propose un sommaire conforme au cadre imposé et des axes de différenciation tirés du dossier, puis rédige chaque paragraphe à partir des documents réels de l'entreprise : références, moyens, anciens mémoires. Le mémoire sort en Word, mis en page et illustré. Penko a été cofondé par un ingénieur ESTP maître d'œuvre qui répond lui-même à des appels d'offres publics. Voir les fonctionnalités et un exemple de mémoire rédigé par Penko.
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